mai 2nd, 2019 | Sterling

Mondialisation de la main-d’œuvre et autres tendances dans le marché du travail canadien

La demande de travailleurs talentueux et qualifiés est à la hausse. Que peuvent faire les entreprises pour s’adapter aux dernières tendances?

Au Canada, le taux de chômage reste à son plus bas depuis des décennies, un fait qui inspire la confiance aux chercheurs d’emploi, tandis que les employeurs se voient obligés de réévaluer leurs stratégies de recrutement.

Cependant, avant de parler des conséquences du taux de chômage pour les entreprises, penchons-nous sur le contexte d’emploi au Canada.

Innovation – Dans une économie en pleine croissance, le Canada peine à s’adapter à la transformation du marché. Comme l’innovation est un aspect essentiel de la prospérité économique, son absence pose un sérieux obstacle à la croissance de la productivité des travailleurs canadiens. Selon l’association des CRHA[1], le rendement du Canada dans ce domaine est jugé lamentable en raison de la détérioration des tendances dans le pays et des perspectives internationales.

Économie à la demande – Quoiqu’on puisse par ailleurs en penser, l’économie à la demande offre aux travailleurs une occasion fantastique de se fixer un horaire qui convient à leur mode de vie. Transport, livraison de repas, conception graphique et autres services indépendants continuent à en stimuler la croissance. Dans une étude menée aux États-Unis (en anglais), LinkedIn[2] affirme que, d’ici 2020, 43 % de la main-d’œuvre sera constituée de travailleurs indépendants. Un grand nombre de fournisseurs de services à la demande ont vu le jour dans ce secteur en pleine transformation, où ils repoussent les limites de la loi. La sous-traitance s’inscrit désormais dans la normalité, estompant la distinction entre les individus et les organisations qui les emploient.

Immigration – L’immigration au Canada a battu des records en 2018. Au cours du deuxième trimestre, la population du pays s’est accrue de 168 000 personnes. De ce nombre, 82 % (soit 139 000 personnes) est attribuable à l’immigration. Selon Statistique Canada, du 1er avril au 1er juillet, l’immigration est aussi principalement responsable de la croissance de la population dans la plupart des provinces canadiennes, ainsi qu’au Yukon. La présence des immigrants dans le marché du travail impressionne encore davantage quand on se penche sur la croissance enregistrée par chaque région. En 2016, dans la région métropolitaine de Toronto, en Ontario, la moitié de la main-d’œuvre était constituée d’immigrants. Vancouver, en Colombie-Britannique, se place au deuxième rang avec une proportion de 43,2 % de travailleurs immigrants, suivie de Calgary, en Alberta, qui enregistre un taux de 32,5 %.

Ensemble, que suggèrent ces trois tendances?

  1. Le marché du travail favorise les salariés. Pour faire une bonne première impression, les employeurs doivent offrir une expérience d’embauche positive. Le processus d’embauche et d’intégration en entreprise doit garantir le succès des nouvelles recrues.
  2. L’expansion mondiale est un aspect incontournable de l’innovation. Alors que les entreprises se lancent dans les marchés internationaux, beaucoup de professionnels en ressources humaines doivent recruter à l’extérieur du Canada.
  3. Les personnes qui font maintenant leur entrée dans le marché du travail ont souvent travaillé à l’étranger.

La vérification des antécédents est plus importante que jamais, tant pour les entreprises en pleine expansion mondiale que pour celles qui recrutent des personnes ayant travaillé à l’extérieur du Canada. Comme les lois et les règlements diffèrent d’un pays à l’autre, la tâche s’avère toutefois ardue.

Facteurs régionaux

  • Dans certains pays, le dispositif de vérification d’antécédents est très singulier. En Allemagne, par exemple, on effectue l’attestation d’emploi au moyen de lettres de recommandation. Aux Pays-Bas, pour effectuer une recherche d’antécédents judiciaires « VOG », on doit fournir une description détaillée du poste convoité. Les autorités néerlandaises se basent ensuite sur cette description pour déterminer si elles révéleront les infractions de la personne concernée.
  • En Europe, le RGPD a éveillé les inquiétudes du public quant au traitement des renseignements personnels, engendrant une prise de conscience qui se fait ressentir dans les attentes des particuliers et la réticence des organisations à divulguer ce genre d’information. Autour du monde, les entreprises se sont vues obligées de repenser leurs politiques, leur méthodologie et leur discours entourant la protection de la vie privée.
  • On voit aussi l’adoption de nouvelles lois qui obligent les personnes chargées d’effectuer les vérifications d’antécédents judiciaires à en envoyer le résultat (s’il est défavorable) directement au candidat, qui le transmet ensuite à son employeur. C’est ce qui se produit au Royaume-Uni quand le DBS effectue la divulgation de base. On observe une démarche semblable au Canada, où l’Ontario a introduit le projet de loi 113, jugeant toutefois adéquat le processus d’autodéclaration du casier judiciaire employé par les fournisseurs de services de vérification d’antécédents.

Conseils

Alors que vous révisez vos stratégies de recrutement pour mieux répondre aux dernières tendances, n’oubliez pas que dans le marché du travail, il n’existe aucune solution universelle. Considérez les facteurs suivants:

  • Région – Il est important de tenir compte des us et coutumes locaux. Faites preuve de respect envers les gens que vous engagez, même quand vous n’avez pas d’autres options à leur offrir.
  • Fonction – Comme chaque situation est unique, collaborez avec votre fournisseur de vérifications d’antécédents pour créer un programme qui vous conviendra. Par exemple, si vous exploitez une société minière qui recrute ses travailleurs en région isolée, où l’accès à l’Internet est peu fiable et la plupart des habitants n’ont pas d’ordinateur à domicile, vous privilégierez peut-être l’emploi de documents en support papier. Votre fournisseur doit être en mesure de relever les défis qui vous sont propres, sans compromettre la fonctionnalité de ses services.
  • Tolérance au risque – Assurez-vous que votre fournisseur sera en mesure d’automatiser les fonctions uniques de votre programme et d’y apporter des changements immédiats, à votre rythme.

[1] https://cphr.ca/fr/2017/03/29/canada-needs-aggressive-innovation-technology-development-to-compete/

[2] https://blog.linkedin.com/2017/february/21/how-the-freelance-generation-is-redefining-professional-norms-linkedin

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